add_filter( 'woocommerce_ship_to_different_address_checked', '__return_false' );

Le 10 avril 2026, il y avait du monde à Saint-Gély-du-Fesc pour la mise à l’honneur de la présidente de l’association De La Pierre A L’Olivier (DLPALO) également administratrice de l’ANOPEX, Pascale Lumineau.

Autour de Mme Patricia Mirallès, la représentante du conseil départemental, Michèle Lernout, le maire de Saint-Gély-du-Fesc Eric Stéphany, le général de corps d’armée Eric Hautecloque-Raisz représentant le président de l’ANOPEX, le colonel de Carbonnières commandant le 40e régiment d’artillerie, la directrice de l’ONaCVG34 Nathalie Marsaa, le président de ANMONM34 Yvan Marcou et la présidente honoraire de la Smlh34 Danielle Aben.

Jacques Aben, délégué ANOPEX de l’Hérault, avait reçu délégation du Grand chancelier de la Légion d’Honneur pour prononcer la formule suivante :  “Madame Pascale Lumineau, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, je vous fais chevalier de l’ordre national du Mérite.”

A lire ci-dessous les prises de parole

Crédits photos  : Danièle Aben

 

Discours du commissaire en chef de 1ère classe (h)  Jacques Aben

délégué départemental de l’Anopex pour l’Hérault

pour la réception de Mme Pascale Lumineau

présidente de « De la Pierre à l’Olivier »

dans l’ordre national du Mérite au grade de chevalier

le 10 avril 2026

Madame la ministre, ma chère préfacière,

Monsieur le maire ;

Madame l’ancienne maire, chère Mme Lernout ;

Mesdames, messieurs les membres du conseil municipal ;

Madame la directrice du service départemental de l’ONaCVG

Monsieur le général représentant le président de l’Association nationale des

combattants des opérations extérieures, cher Éric ;

Mesdames et messieurs les représentants des armées ;

Mesdames et messieurs les représentants des forces de sécurité intérieure ;

Messieurs les porte-drapeau ;

Mesdames et messieurs les représentants des associations patriotiques et

mémorielles ;

Mesdames, messieurs ;

 

Je suis particulièrement honoré, aujourd’hui, d’accomplir la réception de madame

Pascale Lumineau dans l’ordre national du Mérite, au grade de chevalier.

C’est un acte assez fréquent, puisque le règlement actuel de l’ordre prévoit la

possibilité d’y faire entrer 3553 citoyens français tous les ans, presque 10 par jour

en moyenne. Mais c’est aussi, pour le récipiendaire, un moment exceptionnel, et

je pense que Mme Lumineau le vit ainsi.

 

Vous permettrez au vieux professeur que je suis aussi, de faire un peu de

pédagogie, sur un sujet à propos duquel on entend tout et surtout n’importe quoi.

D’abord, l’ordre national du mérite n’est pas une décoration, il est une association

honorifique destinée à récompenser les mérites distingués acquis à titre civil ou

militaire, public ou privé, par des citoyens français.

Certains pourront être surpris par ce que je viens de dire, à propos de la décoration.

Pourtant il serait parfaitement possible que l’appartenance à un ordre honorifique

ne soit pas révélée par un insigne. Cela a été le cas de la Légion d’honneur au

cours des deux premières années de son existence, entre 1802 et 1804. Le consul

 

Bonaparte a craint qu’un tel insigne provoque des jalousies chez ceux, les plus

nombreux, qui ne pourraient pas l’arborer, et donc soit préjudiciable au prestige

de la Légion, au sens militaire du terme, qu’il voulait créer.

Mais c’est le point de vue de son frère Lucien, qui finira par prévaloir. En effet,

lors des débats préparatoires, il a dit : « quels que soient leur uniforme ou leurs

décorations, les légionnaires seront reconnus au milieu de leurs concitoyens, et

ce n’est qu’alors qu’ils seront dignement récompensés ».

Donc Napoléon, titulaire d’un pouvoir incontesté que Bonaparte n’avait pas, a pu

créer, le 11 juillet 1804, la croix de la Légion d’honneur, avec son ruban rouge.

Et 159 ans plus tard, le 3 décembre 1963, le président Charles de Gaulle a créé la

croix du Mérite, qui est une réplique de la première, mais avec un ruban bleu.

Cette croix, elle est remise aussi aux étrangers que l’on veut honorer, mais sans

pour autant les faire entrer dans l’ordre, car celui-ci est réservé aux citoyens

français.

 

J’ai parlé aussi de « mérites distingués ». A l’origine, c’était l’entrée dans la

Légion d’honneur qui récompensait les « mérites distingués ». Le problème, c’est

qu’en créant l’ordre national du Mérite, Charles de Gaulle a dû trouver une

nouvelle échelle de valeur pour les mérites acquis. Il a donc gardé la condition de

distinction pour l’ordre du mérite et, à la Légion d’honneur, il a donné la condition

d’éminence, c’est-à-dire la qualité de ce qui est au-dessus, qui dépasse.

 

Compte tenu de ce que je viens de dire, et si je me réfère au décret du 2 décembre

2025, par lequel Mme Lumineau a été nommée dans l’ordre national du Mérite,

il est permis de conclure que : « Mme Lumineau, née Du Laurent De Montbrun

(…), a acquis assez de mérites distingués, pour que, sur le rapport du ministre des

armées et des anciens combattants, et après avis favorable du conseil de l’ordre

national du Mérite, le Président de la République, grand maître des ordres

nationaux, signe son décret de nomination.

 

Voilà donc posée une nouvelle question : pourquoi est-ce le ministre des armées

et des anciens combattants qui a proposé cette nomination, alors que Mme

Lumineau n’est ni une militaire, ni un agent civil du ministère en question ?

Il se trouve que Pascale Du Laurent de Montbrun est issue d’une lignée de

militaires qui remonte au moins jusqu’à son grand-père, blessé lors de la

Deuxième Guerre mondiale. Plus marquant encore, son propre père est tombé au

champ d’honneur pendant la guerre d’Algérie, et sa mère (dont je salue la

présence) a fait toute une carrière de sous-officier jusqu’au grade de major, en

méritant la médaille militaire et la croix de chevalier de l’ordre national du mérite.

Et la lignée a continué, puisque Pascale du Laurent de Montbrun a épousé un

militaire, Daniel Lumineau, que trois de leurs cinq enfants ont embrassé la même

carrière, et que l’un de ses fils, Pierre-Olivier, est lui aussi tombé au champ

d’honneur, en Afghanistan.

 

Avec ces informations, nous venons de faire un pas certain vers le ministère des

armées et des anciens combattants car, en perdant son père à la suite de faits de

guerre, Pascale du Laurent de Montbrun est devenue pupille de la Nation, donc

ressortissante de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre,

placé sous l’autorité du ministère en question.

 

Mais tout cela, bien que tout à fait remarquable, ne donnerait pas à Mme

Lumineau des mérites distingués, liés à des services rendus au ministère des

armées.

 

Or il se trouve encore, que Mme Lumineau n’a pas dérogé à la tradition de sa

famille, puisqu’elle s’est, elle aussi, engagée sous les drapeaux en 1979, en

choisissant la gendarmerie. Pourtant, trois ans après, elle obtenait son changement

d’armée, au profit du personnel féminin de l’armée de terre (cela existait encore

à cette époque), et finalement au 2e régiment d’infanterie de marine.

 

Mais il était dit, une fois de plus, que c’est la femme qui sacrifierait sa carrière

pour le bien de sa famille, de sorte que Mme Lumineau a quitté l’armée de terre

en 1988, au grade de sergent.

Elle est alors passée par diverses activités civiles jusqu’à la spécialité de

relaxologue (que je ne connaissais pas jusqu’à ce jour).

Pour autant, vous pouvez vous douter que ce n’est pas l’état de pupille de la

nation, ni une carrière militaire trop brève, ni la relaxologie, qui ont porté Mme

Lumineau au niveau de mérite justifiant sa nomination.

 

Le décret du 2 décembre 2025 le dit clairement, ce qui a porté Mme Lumineau à

ce niveau, c’est d’avoir accompli 46 ans de services civils et militaires, soit plus

de 4 fois le minimum requis, mais surtout d’être la présidente fondatrice d’une

association mémorielle nationale, nommée « De la Pierre à L’Olivier » – et sur

cette place vous comprenez pourquoi – dont l’objet social est, je cite : « Regrouper

les parents et les familles des soldats morts pour la France, s’entraider, défendre

leurs droits et leur reconnaissance, faire tout ce qu’elle peut pour faire mémoire

de leurs enfants ».

 

Le 17 mars dernier, cette association a fêté son douzième anniversaire, et continue

de soutenir ceux dont un enfant est mort pour la France.

 

Maintenant, je l’espère, vous aurez compris que Mme Pascale Lumineau a bien

mérité d’être récompensée pour les mérites distingués acquis auprès du ministère

des armées et des anciens combattants.

 

Mais, à cet instant, ces mérites ne lui ont permis que d’être nommée dans l’ordre

national du mérite, au grade de chevalier. Pour qu’elle prenne son rang dans

l’ordre, il faut encore qu’un membre de cet ordre procède à sa réception, et c’est

ce cérémonial qui va avoir lieu devant vous maintenant.

 

Discours de Madame Pascale Lumineau

Tout d’abord, permettez-moi de dédier cette médaille à ma maman. Elle représente tellement pour nous, mes sœurs, elle et moi….

Et puis bien sûr je vais la dédier aussi à mon fils, Pierre-Olivier,  celui par qui tout est arrivé. Comment imaginer il y a quasiment 14 ans, dans cette extrême souffrance, que je puisse ouvrir une autre porte de ma vie. Avec Daniel, à qui aussi je dédie cette médaille, on a voulu créer l’association DLPALO afin de donner la parole mais aussi mettre en lumière la place des ascendants, des frères et sœurs des soldats tombés pour la France.

Le chemin n’est pas simple mais c’est avec des associations comme l’ANOPEX, des organismes comme l’ONaCVG ou le Bleuet de France que nous avançons, qu’on se fait connaitre et qu’on peut revendiquer la mémoire de nos fils.

Bien sûr, je veux remercier le premier qui a donné l’impulse à l’obtention de cette médaille : M. Jean-Pierre Pakula. Je n’oublie pas également Mme la ministre Patricia Mirallès, qui a, en un temps record, permis à ce dossier d’être sur le dessus de la pile.

Merci à M. Jacques Aben d’avoir accepté d’être mon parrain, merci à la mairie de Saint Gély, Mme Lernout et M. Stéphany, de nous avoir permis d’organiser cette cérémonie, sur ce square tellement symbolique et surtout, surtout merci à ma famille, mes grands, mes petits mes trésors, ceux qui me donnent la force de me battre et de continuer à défendre les droits des parents.

Merci au 40 RA toujours présents, vous êtes mes fidèles compagnons de route après avoir été ceux de Pierre-Olivier. Sursum Corda hauts les cœurs

Merci à mes amis, votre présence est si réconfortante

 Cette médaille je la partage avec tous les parents qui ont perdu leur soldat, ceux d’il y a longtemps et ceux d’aujourd’hui…

Nous sommes la mémoire vivante de nos enfants, ne nous oubliez pas pour ne pas les oublier.

Merci encore pour votre présence

 

Don