Sources : Cour des Comptes
La Cour émet plusieurs constats :
– Le nombre des ressortissants n’est pas connu avec précision, ce qui expose l’ONACVG à un risque de versement indu d’allocations, notamment à l’étranger. Estimé à 2,1 millions en 2020, il devrait passer à 900 000 en 2033 et se stabiliser autour de 500 000 en 2050.
– La reconnaissance et la réparation, mission historique, comprend en premier lieu la délivrance de la carte du combattant, mais aussi du titre de reconnaissance de la Nation. L’octroi de cette carte donne droit à une allocation de reconnaissance du combattant pour une dépense de 513,2 M€ pour 617 230 personnes en 2024. Celle-ci était justifiée pour une armée de conscription et a moins de sens à l’égard d’une armée professionnelle.
– Le dispositif d’aide et de reconnaissance en direction des harkis et de leurs familles est particulièrement inflationniste au plan budgétaire, jusqu’à atteindre 113,9 M€ en 2024. Les modalités antérieures à la loi du 23 février 2022 ont été renchéries au fil du temps, et, par modifications législatives et réglementaires successives, les conditions d’éligibilité ont été assouplies jusqu’à concerner des conjointes non rapatriées.
– Au plan de sa gouvernance nationale, la ministre en charge préside le conseil d’administration de l’ONACVG, ce qui entraîne une confusion des rôles entre l’autorité politique et son opérateur. Par ailleurs, la présence de deux services locaux en Algérie et au Maroc apparait désormais obsolète et ceux-ci devraient être transférés aux services consulaires, tandis que l’organisation centrale et départementale en France devra s’adapter pour assurer efficacité et proximité.
– La gestion de l’ONACVG présente des points de vigilance : un recours accru aux agents contractuels, une rémunération déséquilibrée entre agents de droit local et expatriés, un contrôle interne insuffisamment déployé, et une politique des achats à mieux définir.
Ce rapport comprend :
RECOMMANDATIONS
Recommandation n°1. (SGA/ONACVG) Réserver les allocations aux conjoints survivants de harkis respectant les mêmes conditions d’âge, de ressources et de non-remariage que pour les pensions de réversion du régime général.
Recommandation n° 2. (SGA/ONACVG) Veiller à ne pas étendre le nombre de sites éligibles au-delà des objectifs initiaux de la loi du 23 février 2022.
Recommandation n° 3. (SGA/ONACVG) Ajuster le montant de l’enveloppe budgétaire destinée aux aides financières en proportion de la baisse annuelle estimée du nombre de ressortissants de l’ONACVG.
Recommandation n° 4. (SGA/ONACVG) Doter l’Office d’un outil de connaissance de la situation quantitative, qualitative et des coûts associés du « patrimoine mémoriel de pierre ».
Recommandation n° 5. (SGA/ONACVG) Relancer une réflexion visant à anticiper les évolutions de l’ONACVG à l’horizon 2030-2035.
Recommandation n° 6. (SGA/ONACVG) Modifier l’article L 612-1 du CPMIVG afin de pouvoir confier la présidence du conseil d’administration de l’ONACVG à une personnalité qualifiée.
Recommandation n° 7. (SGA/ONACVG) Expérimenter, dès 2027, le regroupement de certains services locaux au plan interdépartemental.
Recommandation n° 8. (SGA/ONACVG/SG MEAE) Comme cela a été le cas en Tunisie, transférer la gestion des ressortissants ONACVG d’Algérie et du Maroc aux services consulaires et fermer les services locaux d’Alger et Casablanca, le plus rapidement possible.
Recommandation n° 9. (ONACVG) Soumettre le « cadre de gestion » et le « complément de rémunération annuel » des agents contractuels au conseil d’administration de l’ONACVG.
Recommandation n° 10. (ONACVG) Poursuivre le déploiement effectif du contrôle interne financier en fiabilisant les procédures, formalisant les processus et organigrammes fonctionnels et en documentant systématiquement les contrôles réalisés.
Recommandation n° 11. (ONACVG) Définir et formaliser une stratégie d’achat et en demander la validation au conseil d’administration.
