Sous le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron Président de la République

l’ANOPEX a organisé un colloque Le soldat et la mort le 21 octobre 2019 avec pour grand témoin le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées

En lien avec la publication du livre « OPEX des vies pour la France » et l’inauguration par le Président de la République ce 11 novembre à Paris, du Mémorial en hommage aux soldats morts pour la France en opération extérieure, l’Association Nationale des participants aux OPérations EXtérieures  (ANOPEX) a souhaité donner la parole à celles et ceux qui ont été marqués et frappés par des évènements redoutés de nous tous.

En effet il est parfois difficile à nos contemporains d’accepter ces morts lointaines, survenues dans des circonstances qui ne sont pas toujours immédiatement compréhensibles. Au-delà des enjeux politiques et de défense, ces décès sont avant tout des drames humains, qui touchent des camarades, des parents, des épouses, des enfants…

« Ces morts appartiennent avant tout aux familles qui, si elles acceptent plus ou moins la vocation militaire et le risque inhérent à ce métier, ne sont jamais préparées au terrible choc de la perte de l’un des leurs. »

« La douleur, cependant, est ressentie bien au-delà du cercle familial, et touche particulièrement les camarades du disparu, qui ont partagé le quotidien du défunt et peuvent ressentir une grande culpabilité, imaginant quelle action ils auraient pu mener pour éviter le drame ou pire encore, développer un syndrome du survivant ; pourquoi lui et pas moi ? »

« La mort d’un soldat en OPEX, enfin, interroge inévitablement le commandement, à tous les niveaux hiérarchiques. Se joue, là encore, la question de la responsabilité, conjuguée à celles de la décision et de la prise de risque, inhérentes à la position du chef, qu’il soit sur le terrain ou en état-major. »

« Rappelons que ces douloureux questionnements ne s’appliquent pas seulement aux cas de morts au combat, mais à tout décès survenu en opération extérieure. Car pour chacun, les doutes, les questions, la culpabilité et surtout la douleur sont les mêmes. »

Afin d’explorer ces pistes de réflexion, des tables rondes ont été organisées autour de trois thèmes :

Thème 1 : Commander au risque de la mort – Animée par Mériadec Raffray, journaliste

Le chef a une position toute particulière face à la mort de l’un de ses hommes. Présent ou non au moment du décès, il peut avoir intimement connu le disparu, ou au contraire n’avoir entretenu que des rapports hiérarchiques lointains. Mais dans tous les cas, il sait que sa responsabilité est engagée ; a-t-il pris les bonnes décisions, a-t-il suffisamment préparé ses hommes, aurait-il pu empêcher le drame ? Autant de questions qui, si elles se posent nécessairement de façon théorique à tout responsable militaire, ne deviennent concrètes que face au drame. À ces questionnements très intimes, s’ajoute pour le chef la nécessité de penser l’attitude à adopter face aux camarades et aux familles des disparus, et la gestion de la crise face au public et aux médias.

  • Colonel Rémi Chalmin, Armée de terre,
  • Monseigneur Antoine de Romanet, Evêque aux armées,
  • Général de corps d’armée (2s) Jacques Lechevallier, Armée de terre,
  • Colonel Thierry Sutter, Armée de l’air,
  • Capitaine de Frégate (er) Norbert Tafzi, Marine nationale,
  • Colonel Thierry Tricand de la Goutte, Armée de terre,
  • Médecin en chef Nicolas Zeller, Service de santé des armées.

Thème 2 : Perdre un camarade – Animée par Jean-Pierre Guéno, écrivain

La perte d’un soldat au sein d’une unité concerne chacun à la fois à titre collectif et individuel. En fonction des liens noués avec le disparu, de la présence ou non au moment du décès, de l’écho au sein de l’unité, de l’armée et de la nation, chacun peut vivre l’événement différemment, développer une certaine culpabilité ou une identification à la victime, projeter ses peurs sur la suite de sa propre carrière et de sa vie…

  • Maréchal des logis-chef Willy Breton, Gendarmerie nationale,
  • Lieutenant-colonel (er) Hugues Chauvet, Armée de terre,
  • Lieutenant-colonel Philippe Provenzano, Armée de l’air.

Thème 3 : Quand le deuil frappe les familles au cœur – Animée par Martine Laroche-Joubert, journaliste

Il s’agit ici d’envisager ce que vivent les familles face à la mort de l’un des leurs, depuis la façon dont peut-être, elles se préparent à cette éventualité, jusqu’à la gestion du deuil, les questions posées, les rapports à l’armée, aux camarades, aux chefs, aux médias dans certains cas, la gestion de long terme de l’absence…

  • Dominique Jacq, père du maréchal des logis chef Fabien Jacq, Armée de terre, mort pour la France au Mali le 4 novembre 2016 (515e RT),
  • Aude Lepage, épouse du maitre principal Loïc Lepage, Marine nationale, mort pour la France en Afghanistan le 4 mars 2006, à l’époque maman de deux enfants 11 mois et 2 ans (Commando Trépel),
  • Pascale Lumineau, mère du maréchal des logis chef Pierre-Olivier Lumineau, Armée de terre, mort pour la France en Afghanistan le 9 juin 2012 (40e RA),
  • Patricia Rouault-Chalier, épouse du capitaine Louis Chalier, Armée de l’air, mort pour la France au Tchad le 5 novembre 1991, à l’époque maman de jumeaux de 22 mois (BA 124),
  • Céline Sirouet Noblet, sœur du maréchal des logis Damien Noblet, Armée de Terre, mort pour la France le 12 avril 2016 au Mali (511ème RT).

 

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